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Rio, São Paulo et le Brésil de l'intérieur... Nicolas est arrivé dans l'aventure il y a quelques semaines et nous livre ici son premier carnet de voyage. Les premiers pas, les premières heures de bus, et les premières sensations au contact du plus grand pays sud américain. Alors baissez la tête et prenez notre aspiration jusqu'à la lisière de l'Amazonie !
Rodoviaria de Rio de Janeiro, jeudi 10 Mars 2011, 23h03. Nous venons de prendre place dans l’«omnibus » et alors que celui-ci démarre, je garde la tête appuyée contre la vitre, le regard dans le vague en pensant qu’à jamais, Rio laissera une empreinte indélébile dans mon cœur. Tel le spleen de Baudelaire, il me semble alors avoir, plus de souvenirs que si j’avais mille ans. Ce petit concert sur la plage de Copacabana au son des « Eagles », les sourires des mille naïades rencontrées en dévalant les rues du carnaval, le christ volant et mystique dans un nuage de brume au Corcovado, la vue du Pão d’Açucar dominant l’enclave montagneuse de la ville, et tant encore… Une merveille ! Alors, ces quelques jours de vacances achevés, la grande aventure peut enfin commencer, oui, ce rêve qui depuis des mois agite nos sommeils est là, devant nous. Ce bus, des plus communs en apparence, nous guide enfin vers ce futur truffé d’inconnu, et tant désiré. La nuit tombe sur mes pensées et la mesure, que bat le défilement des lampadaires, ralentit peu à peu. Nous sortons de Rio.
Vendredi 11 Mars, 5h54, arrivée à Sao Paulo. La capitale économique du pays compte 20 millions d’habitants. Avec, certes, moins de 500 ans d’histoire, cette ville ressemble pourtant à une métropole européenne. Grande, dense et prospère, la seule limite que cette cité connaisse est l’altitude maximale de ses buildings. Des classes extrêmement riches vivant dans des « prisons » dorées côtoient au hasard des rues ce que l’on appelle la classe moyenne, une catégorie de gens ayant juste de quoi se nourrir et se loger. La vie y est chère, très chère. La jeunesse paulistaine s’amuse dans des boîtes de nuit, où l’entrée atteint 50 euros en moyenne, de quoi dérouter deux ex-parisiens adeptes des happy-hours… De São Paulo, il ne nous restera finalement que le souvenir d’une discussion de métro avec un amateur de Thierry Henry (surtout pas Zidane !), une exquise feijoada le samedi midi, et surtout la première interview à l’étranger du projet.
Lundi 14 Mars 05h09, Rodoviaria d’Arcos. 521 km en direction des terres, une courte nuit dans le bus, et nous voilà arrivés dans le Minas Gerais, fief de la forêt « Mata Atlantica ». Jadis d’une étendue deux fois supérieure à notre Bretagne nationale, elle est aujourd’hui réduite à moins de 4% de sa surface initiale. L’ampleur de la déforestation nous choque, même si les paysages restent magnifiques. Piqué d’un sentiment d’impuissance et de révolte face à l’inconscience collective, ce constat ravive en nous l’envie de devenir moteur, dans cette lutte pour la sauvegarde de la planète ! L’occasion aussi, lors de ce séjour dans cette région très peu touristique, de constater une fois de plus la gentillesse et l’hospitalité des brésiliens. Nous repartons. La parade des Rodovarias est prête à reprendre, 42h de bus d’affilé. Notre destination cette fois : le fin fond de la forêt amazonienne et les tribus indigènes !
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